SERVIR LE PEUPLE

Servir le peuple

W. Inker Alex

Sarbacane

  • par (Libraire)
    23 mars 2019

    servir le peuple

    petit Wu est un soldat modèle de l'armée populaire de libération. Après avoir juré a sa femme qu'il lui prodiguerait une vie meilleure,celui ci ne va pas lésiner sur les sacrifices pour pouvoir honorer sa promesse.tant d’abnégation envers les préceptes du grand Timonier vont finir par permettre à petit Wu d’accéder a une promotion. celui ci parvient alors a accéder a un poste d'ordonnance auprès d'un colonel mais doit pour se faire quitter a sa femme pour une longue période. le colonel devant également s'absenter pour une durée indéterminée. Petit Wu se voit chargée de satisfaire les besoin de sa jolie femme du haut gradé. il s'avere rapidement que les besoin de la jeune femme ne ses cantonnent pas au petit plats que lui prépare le jeune soldat; ce qui mène bientôt les jeune gens dans les rets d'une passion aussi fulgurant que contre-révolutionnaire servir le peuple est la troisième bande dessinée d'Alexandre Widendaele alias Alex W. Inker aux éditions sarbacane. son premier, album,apache paru en 2016, connait aussitôt un certain succès critique.Déjà,Alex W.inker s'empare avec finesse de personnage bringuebalés par la grande histoire.Huis clos sulfureux situé dan un bistrot des bas-fonds parisiens de l'entre-deux-guerre, cette bande dessinée nous plonge dans une atmosphère de film noir avec ces coup fourrés de voyous en compagnie de personnages peu recommandable. une belle bichromie rouge et noir illustre à merveille la moiteur étouffante qui entoure la vie de ceux qui vivent au jour le jour dans un paris à peine remis de la première guerre mondial. Dans son deuxième album panama al brown,Alex W. inker rend hommage a un personnage également a fleur de peau réalise en collaboration avec jacques Goldstrein au scenario panama al brown nous relate en noir et blanc la vie kaléidoscopique d'un boxer panaméen, champion du monde dans les années 1930. de son vrai nom alfonso brown, celui-ci préféra bien vite les nuit blanches et la fréquentation des artistes dans un Montmartre interlope ou il rencontre Jean Cocteau dont il devint l'amant. noir et homosexuel,il dut subir de plein fouet la haine de ses contemporains, ne tenant que grâce à l'alcool et aux drogues . quoique encore récente,l’œuvre d'Alex w. inker brille a la fois par son audace graphique, renouvelée à chaque album,et par sa grande cohérence.Avec servir le peuple,inker inscrit ces deux personnages à contre-courant de la révolution dans la ligne de ces précédents ouvrages tout en conservant l'esprit subversif de Yan Lianke et en lui donnant une identité graphique tout à fait remarquable

    Guillaume Boutreux


  • par (Libraire)
    11 octobre 2018

    Voyage au pays de Mao: passionnant et effrayant.

    L’usage des mots est essentiel en politique. Utilisés de manière mécanique, ils peuvent signifier tout et son contraire. Dans sa BD « Servir le peuple », Inker démontre comment des mots révolutionnaires peuvent, à l’identique , être des mots de la contre révolution. Voyage au pays de Mao: passionnant et effrayant.
    Le Petit Livre Rouge est un livre pour la révolution. Il a été écrit par Mao Zedong.
    Le grand livre rouge « Servir le peuple » est un livre contre révolutionnaire. Il est dessiné par Alex.W. Inker.
    Pourtant, ce dernier, n’aurait pu exister sans le premier. Directement inspiré du roman éponyme de Yan Lianke, « Servir le peuple » raconte l’histoire de Petit Wu, très modeste paysan chinois, qui engagé par des promesses veut progresser dans la hiérarchie militaire et dans celle du Parti en qui il place tous ses espoirs. « Servir le peuple » devient son mode de pensée et sa clé pour ouvrir les portes de son ascension.

    Un jour, devenu ordonnance d’un colonel, parti pour deux mois de sa maison, resté seul avec la jeune épouse du militaire, il va continuer logiquement à suivre la maxime sacrée en obéissant et en assouvissant tous les désirs de l’épouse.

    « Alors je t’ordonne de te mettre tout nu! Pour servir le peuple déshabille toi ».

    Commence alors, par le double langage et le double sens des mots, une formidable déconstruction d’une idéologie fondée sur le pouvoir d’injonctions qui, prises au pied de la lettre, peuvent devenir contradictoires. L’absurdité règne en maitre et finit dans une démesure totale de sacrilège en sacrilège.

    Yan Lianke, qui a vécu de l’intérieur ce cheminement puisqu’il fut lui même militaire et écrivain officiel de l’armée avant d’être censuré pour des écrits jugés subversifs, raconte à merveille ce processus d’abêtissement propre à toute dictature. Dans un huis clos oppressant, le Petit Wu et la femme du colonel jouent la partition d’une véritable tragédie shakespearienne. Les cases silencieuses rendent l’ambiance sourde et le grand talent d’Alex W.Inker est de restituer la théâtralité du récit par des personnages raides, larmoyants à l’excès avec des expressions figées et excessives, à la manière d’un drame japonais. S‘appropriant tous les styles graphiques, Inker abandonne le noir et blanc somptueux de son remarquable « Panama Al Brown », pour griffer les pages de couleurs révolutionnaires dominées par le rouge et le vert. On croirait regarder des estampes chinoises que magnifie une fin dramatique et forte.
    Si voulez, à votre tour « servir le peuple », lisez cet ouvrage! Ou pas…. Car n’oubliez jamais que les mots peuvent avoir un double sens.

    Eric RUBERT