Malaterre

Malaterre

Pierre-Henry Gomont

Dargaud

  • par (Libraire)
    23 janvier 2019

    Malaterre c'est l'histoire d'un homme au caractère hors-norme, impulsif et fantasque, souvent odieux, qui embarque ses enfants dans un périple insensé et voué à l'échec en pleine Afrique équatoriale. Son fils, des années plus tard, nous raconte cette histoire étonnante à travers une narration subtile et avec des mots emplis de pudeur et de délicatesse. Véritable plongée dans une atmosphère hors du temps, enserrée par une nature luxuriante et envoûtante, cette œuvre de Pierre-Henry Gomot se place définitivement à part. D'une rare poésie, porté par un dessin magnifique, ce récit intimiste est à lire absolument. Un énorme coup de cœur.


  • par (Libraire)
    27 novembre 2018

    Malaterre

    En s’occupant de l’exploitation de ses ancêtres située au cœur de la forêt tropicale, Gabriel, dandy décadent et caractériel, espère redonner à sa famille sa gloire d’antan. Tout en faisant miroiter un Eldorado qui n’en est pas vraiment un, il convainc ses deux aînés de le suivre. Derrière des apparences de récit d’aventures exotique, c’est surtout ici un drame psychologique familial qui se joue, entre le rêve démesuré d’un père égoïste et la réalité décevante qu’il impose continuellement à ses enfants. C’est dans un coup de crayon à la fois désinvolte et incisif que ce naufrage absolu d’une vie, au crépuscule de l’impérialisme colonial, nous est livré sans artifices.


  • par (Libraire)
    9 octobre 2018

    Une BD réussie pour un "héros" raté.

    Pierre-Henry Gomont nous emmène sur les traces d’un « connard sympathique », un père ignoble et odieux, qui va abimer sa famille dans sa quête d’un projet en Afrique équatoriale irréaliste et perdu d’avance. Riche comme un roman, beau comme une BD. Une réussite.
    Le conseil d'Eric.


    Ce qui est bien avec les grands dessinateurs c’est que l’on identifie rapidement leurs créations. Il en va ainsi de Pierre Henry Gomont. Dans sa précédente BD « Pereira prétend », on avait appris à reconnaître ses traits noirs plein de circonvolutions, comme jetés rapidement sur le papier, sans le répit de la moindre ligne droite, dans un apparent fouilli. Gomont, pose ses couleurs de la même manière, traçant des nuages moelleux comme des oreillers, privilégiant les ocres qui restituent la chaleur de Lisbonne ou dans « Malaterre » d’une forêt tropicale. La luxuriance de la forêt, étouffante et grandiose, c’est ce qui attire certainement Gabriel, homme inconséquent, rêveur, et immature qui veut reprendre et reconstruire le domaine d’exploitation forestière « Malaterre » (mal à la terre?) abandonnée en 1929 par ses aïeux en faillite dans cette. Dire que Gabriel est un être détestable est un euphémisme même si en commençant par sa mort, Gomont nous donne quelques pistes pour comprendre son attitude envers son épouse notamment et ses trois enfants. Tout au long de ce roman graphique (rarement cette définition n’a autant parfaitement collé à une Bd), découpé comme un roman en chapitres, nous découvrons la vie de cet homme qui un jour va partir à la recherche d’un possible futur glorieux, abandonnant sa famille à ses chimères, avant de faire venir dans la forêt, de manière odieuse, les deux ainés de ses enfants dans la perpective unique d’une poursuite familiale de l’exploitation.

    Gabriel Lesaffre « faisait partie de ses personnes qui ignorent purement et simplement les sentiments, pour autant qu’elles ne les éprouvent pas elles mêmes ».

    Comme le dit l’auteur, « Gabriel fait tout pour qu’on ne l’aime pas et on l’aime quand même ». Cette ambivalence est une des forces de la BD. Au fur et à mesure du récit, les deux enfants qui l’accompagnent, à la fois pris en otage mais aussi parfois libres, prennent de l’importance, sous l’oeil d’un père témoin aveugle de leur évolution et de leur passage de l’adolescence à l’âge adulte.

    « Manier son petit théâtre d’ombres pour faire signer le clampin en bande la page, ça, Gabriel sait faire ».

    L’auteur, lui, sait magnifiquement mener son récit, riche en psychologie et en évènements. Il se révèle, sans l’aide cette fois ci d’un romancier, un véritable écrivain, un écrivain utilisant à la perfection les mots et leur apportant une dimension supplémentaire avec des dessins ouvrant encore plus les portes de notre imaginaire. Une définition parfaite de la Bande Dessinée.

    Eric Rubert.

    Chronique complète sur le site Unidivers.fr